Forme sombre et lumières blanches en vol stationnaire au-dessus d’un champ près d’une grange

Rencontres du 1er, 2e et 3e type : la classification de Hynek et le film de Spielberg

L’expression « rencontre du troisième type » est entrée dans le langage courant grâce au film de Steven Spielberg sorti en 1977. On sait moins qu’elle vient d’une classification scientifique proposée quelques années plus tôt par un astronome américain, J. Allen Hynek. C’est cette grille que nous utilisons pour classer les témoignages OVNI France.

Qui était J. Allen Hynek ?

Astronome à l’université d’État de l’Ohio puis à Northwestern University, Josef Allen Hynek (1910-1986) a été consultant scientifique de l’US Air Force pour les projets d’étude des OVNI, notamment le célèbre projet Blue Book de l’US Air Force, de 1952 à 1969. Chargé au départ de trouver des explications conventionnelles, il est devenu au fil des années convaincu qu’une petite partie des cas méritait une véritable étude scientifique. En 1972, il publie The UFO Experience, où il présente sa classification. Il apparaît d’ailleurs brièvement dans le film de Spielberg, dont il a été conseiller.

Les observations lointaines

  • Lumières nocturnes (NL) : lumières ou masses lumineuses vues de nuit, à distance. C’est de loin la catégorie la plus fréquente, et celle qui compte le plus de méprises (satellites, planètes, lanternes).
  • Disques diurnes (DD) : objets vus de jour, souvent décrits comme métalliques, ovales ou en forme de disque.
  • Radar-visuels (RV) : phénomènes observés simultanément à l’œil nu et sur un radar, comme lors de l’incident de Téhéran en 1976, où des chasseurs F-4 iraniens ont tenté d’intercepter un objet lumineux.

Les rencontres rapprochées

Hynek parle de rencontre rapprochée lorsque le phénomène est observé à courte distance, de l’ordre de 150 mètres ou moins, ce qui réduit en principe le risque de confusion avec un objet lointain.

TypeDéfinitionExemple souvent cité
RR1 (1er type)Objet observé de près, sans interaction avec l’environnementNombreux témoignages d’automobilistes
RR2 (2e type)Le phénomène laisse des effets physiques : traces au sol, végétation brûlée, panne de moteur, effets sur les animauxTrans-en-Provence (Var), 1981
RR3 (3e type)Le témoin rapporte avoir vu des « occupants » près de l’objetQuarouble (Nord), 1954 ; Valensole (Alpes-de-Haute-Provence), 1965 ; Cussac (Cantal), 1967 ; Kelly-Hopkinsville (États-Unis), 1955

Les types ajoutés après Hynek

D’autres auteurs ont prolongé la liste, sans que ces catégories fassent consensus :

  • RR4 : le témoin affirme avoir été enlevé par les occupants d’un OVNI. C’est le domaine des abductions, dont le cas fondateur est celui de Betty et Barney Hill en 1961.
  • RR5 : contact volontaire et bilatéral, revendiqué par certains groupes qui disent communiquer avec des extraterrestres.

« Rencontres du troisième type », le film de Spielberg

La Devils Tower, dans le Wyoming, montagne où se déroule le final du film Rencontres du troisième type
La Devils Tower (Wyoming), décor du final du film de Spielberg. Photo : Tim Pearce, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Sorti en 1977 aux États-Unis et en 1978 en France, Rencontres du troisième type (Close Encounters of the Third Kind) raconte l’obsession de Roy Neary, joué par Richard Dreyfuss, après une rencontre rapprochée, jusqu’au contact final au pied de la Devils Tower, dans le Wyoming. François Truffaut y incarne Claude Lacombe, un scientifique français librement inspiré de l’ufologue Jacques Vallée. Le titre reprend directement la catégorie RR3 de Hynek, qui fait une courte apparition dans la scène finale.

Les cinq notes de Rencontres du troisième type

Dans le film, les humains et les visiteurs communiquent grâce à une suite de cinq notes composée par John Williams : sol, la, fa, fa une octave plus bas, puis do. Le compositeur a essayé plusieurs centaines de combinaisons avant de retenir celle-ci, assez courte pour être mémorisée et assez inhabituelle pour sonner comme un message. Ce motif est devenu l’un des plus célèbres de l’histoire du cinéma, et beaucoup de recherches sur la « rencontre du troisième type » concernent en réalité le film et sa musique.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une rencontre du premier, du deuxième et du troisième type ?

Au premier type, l’objet est vu de près sans interaction. Au deuxième, il laisse des effets physiques, comme des traces au sol. Au troisième, le témoin dit avoir vu des occupants.

Qu’est-ce qu’une rencontre du quatrième type ?

C’est une catégorie ajoutée après Hynek pour les récits d’enlèvement. Elle ne fait pas partie de sa classification d’origine.

Dans quelle catégorie classer l’incident de Rendlesham ?

Avec ses traces au sol et ses relevés de radioactivité, l’incident de 1980 dans une forêt anglaise est souvent classé comme une rencontre du deuxième type.

Une grille descriptive, pas une preuve

La classification de Hynek ne dit rien de la nature du phénomène : elle classe des récits selon la distance et le type d’interaction décrits. Un RR3 n’est pas plus « vrai » qu’une lumière nocturne ; il est simplement plus rare et plus difficile à expliquer ou à vérifier. Le GEIPAN utilise quant à lui une autre grille, fondée sur le degré d’identification (A, B, C, D). Les deux approches sont complémentaires : l’une décrit ce que le témoin a vécu, l’autre ce que l’enquête a pu établir.

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