« Qui mieux qu’un pilote… » : c’était le titre d’une série d’articles publiée par l’ancien OVNI France. L’idée est simple : un pilote connaît le ciel, les autres aéronefs, les phénomènes météorologiques et les effets optiques en altitude. Ses témoignages sont donc particulièrement précieux. Voici quelques-unes des observations les plus citées, avec ce que l’on en sait aujourd’hui.
Kenneth Arnold, à l’origine des « soucoupes volantes » (1947)
Le 24 juin 1947, le pilote privé américain Kenneth Arnold vole près du mont Rainier, dans l’État de Washington, lorsqu’il aperçoit neuf objets brillants se déplaçant à très grande vitesse. Il décrit leur mouvement comme celui d’une soucoupe qui ricoche sur l’eau. La presse retient l’expression « flying saucer » : la soucoupe volante est née. Des hypothèses ont été proposées depuis (reflets sur des avions, oiseaux, fragments de météores), sans consensus.
Un pilote de T-33 face à une boule verte
L’ancienne série d’OVNI France rapportait le récit d’un pilote militaire à bord d’un avion d’entraînement T-33 : une boule d’un vert vif, d’un à deux mètres de diamètre, apparaît à quelques dizaines de centimètres de son aile droite, suivie d’une traînée semblable à une queue de comète et d’un cœur blanc aveuglant. La cabine est éclairée « comme en plein jour », puis tout disparaît. Le radar n’a rien détecté, mais un autre pilote a vu l’objet s’éloigner. La couleur verte, la traînée et la brièveté du phénomène évoquent un bolide, dont la distance est souvent sous-estimée, même par des observateurs expérimentés.
Le vol JAL 1628 au-dessus de l’Alaska (1986)
Le 17 novembre 1986, l’équipage d’un cargo Boeing 747 de Japan Airlines rapporte avoir été accompagné pendant près d’une heure par de grandes lumières, dont un objet immense. Le contrôle aérien évoque un écho radar ambigu. La Federal Aviation Administration a enquêté ; des analystes ont proposé que l’équipage ait vu les planètes Jupiter et Mars, très brillantes à ce moment-là, un phénomène aggravé par la fatigue et les reflets dans le cockpit. Le cas reste discuté.
Le vol Air France 3532 (1994)
Le 28 janvier 1994, l’équipage d’un vol Air France reliant Nice à Londres, au-dessus de la région parisienne, observe un gigantesque objet sombre de forme lenticulaire, qui semble se transformer ou disparaître en quelques secondes. Le centre militaire de Taverny aurait enregistré un écho radar correspondant. Le cas, étudié par le SEPRA (ancêtre du GEIPAN), est souvent cité parmi les grands dossiers français. Certains chercheurs ont suggéré un nuage ou un ballon météorologique de grande taille, sans que l’hypothèse soit démontrée.
L’incident du Nimitz, « Tic Tac » (2004)
En novembre 2004, au large de la Californie, des pilotes de F/A-18 du porte-avions USS Nimitz, dont le commandant David Fravor, disent avoir observé un objet blanc en forme de pastille, sans ailes ni moteur visible, capable de mouvements très rapides. Un pilote filme la séquence en infrarouge. La vidéo, connue sous le nom de « FLIR » ou « Tic Tac », a été officiellement publiée par le Pentagone en 2020. C’est l’un des cas les plus médiatisés de la déclassification récente.

Ryan Graves et les « cubes dans des sphères » (2014-2015)
Ancien pilote de F/A-18 de l’US Navy, Ryan Graves affirme que son escadron a observé presque chaque jour, pendant des mois, des objets non identifiés au large de la Virginie. Il décrit notamment un « cube sombre à l’intérieur d’une sphère transparente » passé à proximité immédiate de deux appareils. Il a témoigné sous serment devant le Congrès en juillet 2023, aux côtés de David Fravor, lors de l’audition de David Grusch.

Des chasseurs lancés à la poursuite des lumières
Deux autres cas célèbres montrent des pilotes militaires envoyés en interception. Le 19 mai 1986, cinq chasseurs brésiliens décollent après la détection d’une vingtaine d’échos radar : c’est la Nuit officielle des OVNI. Le 30 mars 1990, deux F-16 belges tentent d’approcher des échos pendant la vague belge d’OVNI. Dans les deux cas, les pilotes n’ont jamais pu identifier ce qu’ils poursuivaient.
Les limites des témoignages de pilotes
Les pilotes sont d’excellents observateurs, mais ils restent humains. En altitude, l’absence de repères rend difficile l’estimation des distances et des vitesses ; les planètes, les bolides, les ballons et les reflets sur la verrière les trompent aussi. Le GEIPAN et le bureau AARO du Pentagone recommandent justement de lever le tabou qui dissuade encore de nombreux équipages de signaler ce qu’ils voient : plus il y a de données, plus il est facile de distinguer les méprises des véritables énigmes. Les lueurs du feu de Saint-Elme, qui font luire le pare-brise par temps orageux, et les nuages lenticulaires en forme de disque qui se forment au-dessus des reliefs font aussi partie des pièges connus des équipages. Des passagers ont même décrit des boules lumineuses flottant dans la cabine pendant un orage.
Vous êtes pilote, ou vous avez observé un phénomène depuis un avion ? Racontez-nous.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

