Image à la une : Vidéo Gimbal filmée par un pilote de l’US Navy en 2015, officialisée par le Pentagone en 2020. Source : US Navy, domaine public.
Pendant des décennies, les gouvernements ont affiché un désintérêt poli pour les OVNI. Depuis 2017, les États-Unis ont changé de ton : programmes secrets révélés, vidéos militaires officialisées, auditions au Congrès, bureau dédié au Pentagone. Les Américains parlent désormais d’UAP (Unidentified Anomalous Phenomena), l’équivalent de nos PAN. Voici ce qui a réellement été déclassifié, et ce qui ne l’a pas été.
Les précédents : Blue Book et les archives de la NASA
De 1952 à 1969, l’US Air Force a mené le Project Blue Book, qui a recensé 12 618 signalements. À sa clôture, 701 restaient inexpliqués. Les archives ont ensuite été versées aux Archives nationales américaines. Dans les années 2000 et 2010, plusieurs pays ont suivi le mouvement : la France a mis en ligne les archives du GEIPAN en 2007, et le Royaume-Uni a publié des milliers de pages de dossiers du ministère de la Défense, dont ceux de l’incident de Rendlesham. Notre guide des archives OVNI déclassifiées indique où les consulter. L’ancien OVNI France relayait déjà, à l’époque, la publication de documents de la NASA consacrés à des observations d’astronautes.

2017 : le programme AATIP révélé
En décembre 2017, le New York Times révèle l’existence d’un programme discret du Pentagone, l’AATIP, financé de 2007 à 2012 pour étudier des menaces aériennes non identifiées. L’article s’accompagne de vidéos filmées par des pilotes de l’US Navy.
2020 : les trois vidéos de l’US Navy officialisées
En avril 2020, le Pentagone publie officiellement trois vidéos infrarouges, connues sous les noms de FLIR (ou « Tic Tac », 2004, groupe aéronaval du porte-avions Nimitz), Gimbal et GoFast (2015). Il confirme leur authenticité sans se prononcer sur la nature des objets. Des analystes indépendants ont proposé des explications prosaïques pour certaines séquences : effets optiques du système de visée pour Gimbal, parallaxe donnant une fausse impression de vitesse pour GoFast.


2021 : le rapport du renseignement américain
En juin 2021, le bureau du directeur du renseignement national publie une évaluation préliminaire portant sur 144 signalements militaires recueillis depuis 2004. Un seul est expliqué avec certitude (un ballon qui se dégonfle). Le rapport évoque des encombrements aériens, des phénomènes atmosphériques, des technologies terrestres secrètes ou étrangères, et une catégorie « autres », sans conclure à une origine extraterrestre.
2022 : création de l’AARO
En juillet 2022, le département de la Défense crée l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office), chargé de centraliser et d’analyser les signalements. Ses rapports successifs indiquent que la grande majorité des cas s’expliquent par des ballons, des drones, des oiseaux, des satellites ou des déchets aériens. La vague de drones signalée fin 2024 au-dessus du New Jersey a relancé ces questions.
2023 : l’audition au Congrès et le rapport de la NASA
En juillet 2023, un ancien officier du renseignement, David Grusch, affirme sous serment devant une commission du Congrès que les États-Unis mèneraient un programme secret de récupération d’engins non humains. Il dit s’appuyer sur des témoignages recueillis auprès d’autres personnes, sans présenter de preuve publique. En septembre 2023, un panel indépendant mandaté par la NASA publie son rapport : il ne trouve aucune preuve d’une origine extraterrestre, mais recommande une collecte de données plus rigoureuse et la levée du tabou qui dissuade les pilotes de signaler ce qu’ils voient.
2024 : le rapport historique de l’AARO et de nouvelles auditions
En mars 2024, l’AARO publie un premier volume de revue historique couvrant les programmes gouvernementaux depuis 1945. Il conclut n’avoir trouvé aucune preuve qu’un gouvernement américain ait récupéré ou étudié une technologie extraterrestre, et attribue une partie des rumeurs à des programmes classifiés mal interprétés. Les partisans de l’hypothèse d’une dissimulation contestent ces conclusions.

2025 : la vidéo du missile Hellfire
Après une deuxième audition en novembre 2024, une troisième se tient le 9 septembre 2025. Un élu y diffuse une vidéo présentée comme montrant un missile Hellfire, tiré par un drone américain au large du Yémen, qui touche un objet lumineux sans le détruire. L’interprétation de la séquence reste débattue. Le détail des trois séances figure dans notre article sur les auditions OVNI du Congrès américain.
2026 : Donald Trump ordonne la publication des dossiers
Le 19 février 2026, Donald Trump demande aux agences fédérales d’identifier et de publier leurs dossiers sur les OVNI et la vie extraterrestre. Le 8 mai 2026, le Pentagone lance le programme PURSUE et le site war.gov/UFO. Six tranches, soit environ 450 fichiers, ont été publiées entre mai et septembre 2026 : dossier « disques volants » du FBI, photos des missions Apollo, vidéos infrarouges militaires, câbles diplomatiques, programme AAWSAP, film de Tremonton. Tout le détail est dans notre article Dossiers OVNI déclassifiés par Trump : ce que contiennent vraiment les fichiers du Pentagone.
Et ailleurs dans le monde ?
Au Japon, le ministère de la Défense a établi en 2020 des consignes pour que les pilotes signalent les objets non identifiés. En Chine, l’aéroport de Hangzhou-Xiaoshan a été fermé environ une heure en juillet 2010 après la détection d’un objet non identifié, un épisode très médiatisé à l’époque. En Europe, la vague de triangles lumineux en Belgique (1989-1990) a donné lieu à une rare transparence militaire, tout comme la nuit du 19 mai 1986 au Brésil. En France, le GEIPAN reste le service de référence, et le débat ouvert en 1999 par le rapport COMETA des anciens de l’IHEDN continue d’alimenter les discussions. En juin 2026, le sujet est même entré à l’Assemblée nationale, avec un colloque sur les PAN.
Ce qu’il faut retenir
Les révélations récentes ont démontré une chose : des militaires expérimentés observent des phénomènes qu’ils ne parviennent pas à identifier, et les autorités ont longtemps sous-estimé le sujet. Elles n’ont pas démontré l’existence d’engins extraterrestres. Pour suivre l’actualité du sujet, consultez notre rubrique Actualités OVNI / PAN.
Laurent N. est le fondateur et rédacteur d’OVNI France, qu’il a relancé en 2026. Astronome amateur, il observe le ciel à l’œil nu, aux jumelles et à la lunette, et suit depuis longtemps l’histoire de l’ufologie. Sa méthode : séparer le récit du témoin de l’analyse, confronter chaque observation aux explications connues (satellites, avions, astres, phénomènes atmosphériques) et s’appuyer sur les sources publiques – GEIPAN, AARO, NASA, archives nationales. Ni moquerie, ni crédulité.

